
Des chercheurs de l’Université de Manchester estiment que le film peut faire davantage que documenter un projet communautaire: il peut aider à façonner la manière dont ce projet est compris, évalué et amélioré. Leur travail avec des bénévoles de Platt Hall, à Manchester, suggère que des films co-produits peuvent capter des relations, des réflexions et des évolutions que les enquêtes et les rapports de fin de projet risquent de ne pas saisir.
Faits essentiels
- La recherche examine si le film peut offrir une approche plus participative de l’évaluation de projet.
- Trois films ont été co-produits avec des bénévoles du jardin de Platt Hall.
- Le travail a été mené par le Dr Sophie Everest et le Dr Andy Hardman.
- Le projet de jardin de Platt Hall a été lancé en 2021 et a transformé un espace extérieur inutilisé en jardin géré par la communauté.
- Le projet s’inscrit dans Ideas at Work, une série de recherche en sciences humaines de l’Université de Manchester.
Quel est l’impact pratique pour les musées, les projets patrimoniaux et les groupes communautaires?
Le message pratique est qu’une évaluation n’a pas besoin d’attendre la fin d’un projet. Ici, le processus de tournage a fait partie de l’apprentissage: les bénévoles ont participé au storyboard, à la réalisation, à la caméra et au montage, tandis que les séances répétées ont créé de nouveaux temps de réflexion et d’échange.
Pour les musées, galeries, organisations patrimoniales et initiatives communautaires, cette recherche pointe vers un modèle d’évaluation plus collaboratif. Au lieu de considérer les participants comme de simples sources de retour, le projet montre qu’ils peuvent contribuer à raconter ce qui a changé, pourquoi cela a changé et ce que ces changements ont signifié pour eux.
Les trois films se concentrent chacun sur un aspect différent du projet de jardin: l’épanouissement personnel lié au bénévolat, la symbolique du compost et du renouveau, et la transformation visuelle de l’espace avant et après. Ensemble, ils montrent comment des méthodes créatives peuvent révéler à la fois les résultats concrets et la valeur sociale de la participation.
Pourquoi utiliser le film plutôt qu’un rapport d’évaluation classique?
Le film peut rendre l’évaluation plus participative parce que le processus oblige les personnes à faire des choix à chaque étape. Le storyboard, la prise de parole face caméra, le choix des éléments à inclure et le montage poussent à réfléchir pendant que le projet se déroule encore. Les chercheurs soutiennent que cela peut faire émerger des dimensions émotionnelles et sociales qu’une évaluation écrite ne saisit pas toujours pleinement.
Dans le travail mené à Platt Hall, le film a commencé comme un moyen de documenter le changement. Avec le temps, il est devenu une partie du projet lui-même, aidant les participants à remarquer les évolutions du bâtiment et de leur propre relation au projet. C’est là la distinction centrale mise en avant par les chercheurs: l’évaluation comme pratique continue, et non comme simple rapport final.
Comment les films de Platt Hall ont-ils vu le jour?
La collaboration a commencé en 2019, lorsque l’équipe a commencé à travailler avec Platt Hall pendant une période de transformation majeure. L’ancienne Gallery of Costume était réinventée dans le cadre du projet Platt Hall Inbetween pour devenir un espace communautaire hyper-local, conçu non pas seulement pour les publics, mais avec eux.
L’attention s’est ensuite portée sur le projet de jardin de Platt Hall, lancé en 2021. Des bénévoles ont aidé à transformer l’espace extérieur inutilisé du site en jardin communautaire, et ont appris au passage des techniques narratives ainsi que les bases de la production filmique.
Les trois films réalisés sont:
- A Tale of Healing, Inspiration & Biscuit Diversity in the Platt Hall Garden Project, de Mary Collins
- Compost, de Rashid Mhar
- The Pleasure of the Work, de Helen Steyne
Quelles leçons les organisations patrimoniales peuvent-elles tirer de cette recherche?
Les chercheurs expliquent que ce projet pilote montre une manière d’intégrer l’évaluation à l’intérieur même d’un projet, plutôt que de la placer à l’extérieur. Ils ajoutent que cette méthode peut aider les organisations patrimoniales à penser différemment leurs publics, leurs espaces et l’expérience culturelle.
Parce que l’approche est collaborative, le parcours entre recherche et impact est décrit comme cumulatif: la recherche a façonné le processus créatif, le processus créatif a renforcé la participation, et les enseignements produits par les participants nourrissent désormais une réflexion plus large sur l’évaluation dans les contextes patrimoniaux. Le projet suggère que les méthodes créatives peuvent être particulièrement utiles lorsque les personnes, les relations et le lieu comptent autant que les chiffres ou la fréquentation.
Questions fréquentes
Quel était l’objectif principal de la recherche?
L’objectif principal était de tester si le film pouvait offrir une manière plus participative d’évaluer un projet, en particulier un projet fondé sur l’implication communautaire. Les chercheurs voulaient voir si le processus pouvait capter le changement, les relations et l’expérience vécue plus efficacement qu’un rapport final classique.
Qu’est-ce que le projet de jardin de Platt Hall?
Le projet de jardin de Platt Hall a été lancé en 2021 et a transformé un espace extérieur inutilisé de Platt Hall en jardin communautaire. Des bénévoles ont travaillé ensemble sur cet espace, et trois films co-produits ont été réalisés dans le cadre du projet plus large.

